Bunagana, que faire ? Dans la tête du premier de Congolais, pas l’once d’un suspense : la diplomatie d’abord ! L’option militaire en suspens. Ainsi, le diplomate en chef Félix-Antoine demande au commandant suprême des armées Tshisekedi Tshilombo de patienter. Le temps de laisser du temps à la diplomatie.

Solution diplomatique ? La moins onéreuse sur bien des plans .Humain, matériel et financier. La plus civilisée aussi. La charte des Nations unies ne recommande-t-elle pas le règlement des différends par le dialogue ? Voilà pour l’arbitrage révélé depuis Londres.

Libérer Bunagana par la diplomatie ? Et, plus globalement, relever le défi existentiel du recouvrement de l’intégrité territoriale et donc de souveraineté par le dialogue ? Très chevaleresque comme démarche. Très nobélisable comme posture.

Certes, bien avant notre ère, dans ce qui est considéré comme le plus ancien traité de stratégie, le chinois Sun Tzu dissertait sur : « Gagner sans combattre « . Pour ce héraut de l’art de la guerre : » le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre« .

Le hic, c’est que cette stratégie initiée notamment par Jules César pose la problématique d’une main de fer dans un gant de velours. En clair, seul un pays militairement fort peut imposer la paix. D’où l’incontournable citation césarienne » Qui veut la paix prépare la guerre « .

Pas sûr que dans l’état actuel des rapports de force, la RDC soit en capacité de négocier en position favorable avec le Rwanda. De fait, c’est cette voie que les soutiens de Kigali tapis dans l’ombre suggèrent quand ils n’imposent pas à la RDC depuis un quart de siècle ! Tous les » compromis » qui se sont mués en compromissions- nationalité à la pelle, amnistie des criminels de guerre, mixage, brassage, infiltration à tous les étages…- ont pour origine la solution diplomatique en position de faiblesse.

Est-ce un peu fort de café de constater avec Bismarck que » la diplomatie sans les armes équivaut à la musique sans instruments? » La réponse est dans la question.

Si Bunagana est en suspens, il y a suspense sur le processus électoral… à huis clos. Des compétiteurs putatifs qui ne se parlent point. Ne serait-ce que pour s’accorder sur les règles du jeu.

A la lisière de l’année électorale, futurologue, voyant, devin, » prophète de chez nous » ; personne ne peut dire de quoi demain sera fait. Même la boule de cristal est illisible. Elections dans le délai constitutionnel ? Glissement ? Concertations ? Négociations ? Ou …tout à fait autre chose ? Car, la diplomatie et donc le dialogue avec l’agresseur rwandais est plébiscitée, à l’interne la volonté de briser la glace est aussi rare que l’eau et l’électricité dans beaucoup de quartiers de la capitale.

José NAWEJ