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Enlevé et relâché après trois semaines : le calvaire d’un agent de la CENI-Tshopo.-

Enlevé et relâché après trois semaines : le calvaire d’un agent de la CENI-Tshopo.-

Dieu Donné WENDA est un agent de sensibilisation autour de la machine à voter recruté par la CENI Tshopo. Il a été enlevé le 30 septembre dernier par des inconnus qui ont demandé une rançon à sa famille. Trois semaines après son enlèvement, il a été relâché. Nous l’avons rencontré quelques minutes après sa libération. Nous vous laissons découvrir son récit.   » J’étais au niveau de 92 kilomètres route Ituri. Je faisais la supervision des activités dans les villages situés entre  92 à 122 kilomètres. A ce niveau, les bulletins étaient épuisés. Comme il n y avait pas de réseau téléphonique, j’étais obligé de rentrer au niveau du point kilométrique 92 pour trouver le réseau et appeler pour entrer en contact avec l’informaticien de l’antenne de Ubundu. Il me répondra qu’il me transmettra les bulletins dans les jours à venir. Je suis donc resté au point kilométrique 92. C’était un vendredi. Je circulais dans le village et vers 16 heures, je vois une moto  s’arrêtait à mon niveau. Le conducteur portait le gilet de sensibilisation de la CENI et avait le macaron et le laisser – passer de la CENI. Il me demande : « C’est toi, Dieu – Donné ? ». Je lui dis, oui c’est moi. Il m’explique qu’il n’est pas sûr de moi et qu’il doute un peu. Je lui dis que c’est bien moi tout en lui posant la question de savoir s’il y a un problème. Il n’y a aucun problème. Ton chef t’a envoyé 30 000 FC pour que ça puisse t’aider à atteindre à Kisangani. Mais je ne suis pas sûr que ce soit toi. Montre moi ton ordre de mission ainsi que ta carte d’électeur.  Après avoir jeté un coup d’œil sur les documents demandés, il me dit que c’est bien moi et il sort 30 000 FC de sa poche et me les remets. Il me dit qu’il va jusqu’au point kilométrique 122. S’il termine sa course, il rentrera le lendemain. Après, il m’a demandé quelque chose sur l’argent qu’il m’a amené. Je lui ai remis 2 000 FC.

Il me pose la question de savoir si je peux accepter à ce qu’il me ramène à Kisangani. Avant de démarrer la moto, il insiste pour me dire que ça ne sera pas bien  qu’il vienne et que je ne sois plus là.

« Je ne veux prendre personne en route et je ne garderais la place que pour toi », m’a t il dis avant de partir.

Le lendemain matin, il se présente et nous prenons la route. Au niveau de 70 kilomètres, nous avons connu une panne sèche. Il a tenté quelques manoeuvres mais la moto n’a pas redémarré. Quelques minutes plus tard, une voiture noire nous dépasse et s’arrête quelques mètre devant nous. La voiture a klaxonné deux fois et mon conducteur  a rejoint la voiture. Quand il parlait avec eux, j’ai vu deux gaillards descendre de la voiture. Ils avaient des armes de guerre. L’un d’eux a pris mes bras et m’a ligoté par derrière. L’autre surveillait. Mon chauffeur a ouvert le coffre de la voiture et ils m’ont fait entrer. L’un d’eux m’a fait humer une poussière et je me suis endormi.

Quand je suis revenu à moi, ils m’ont demandé de leur donner le numéro du chef d’antenne, CA. Ils ont vérifié sur ma carte SIM et ils sont sortis pour parler avec le CA au téléphone. Quand ils sont revenus, ils m’ont demandé de leur donner un numéro d’un membre de ma famille. Je leur ai donné le numéro de mon petit frère et ils l’ont appelé. L’un d’eux m’a juste posé la question de savoir si ma carte SIM est connectée à Mpesa.

Ils me donnaient le temps de parler avec la famille en mettant le haut – parleur pour surveiller toute la conversation. Ils quittaient la pièce où nous étions quand ils voulaient parler avec les gens.

Ce n’est que ce matin du vendredi 26 Octobre que j’ai appris qu’ils ont demandé de l’argent à ma famille. Lors de ma captivité, je n’ai pas mangé comme il se doit. J’ai mangé une seule fois. Et pour les jours restants, ils demandaient de l’argent à ma famille et c’est ma famille qui envoyait l’argent pour notre survie là-bas.

Quand mon oncle a envoyé l’argent, l’un d’eux m’a placé un ruban sur les yeux et un autre m’a porté sur ses épaules. Ils m’ont mis dans la voiture et j’ai entendu la voiture démarrer. J’ai même entendu un portail s’ouvrir.  Nous avons roulé pendant un long moment puis la voiture s’est arrêtée. Ils ont ouvert la portière et m’ont poussé, puis ils ont démarré en trombe.  Je me suis rendu compte qu’ils m’ont déposé à côté de l’hôpital de référence de Kabondo. C’est un taximan moto qui m’a conduit ici au bureau de la CENI ».

Dieu Donné WENDA, agent de sensibilisation de la machine à voter à la CENI, a été enlevé le 30 septembre dernier et a passé plus de trois semaines avec ses ravisseurs. Ces derniers réclamaient une somme de deux milles dollars pour qu’il soit relâché. Selon nos sources, sa famille n’a envoyé que deux cents milles francs congolais,  l’équivalent de près de 120 dollars américains. Curieusement, il a été relâché avec la machine à voter dont il se servait pour sensibiliser la population.

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