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INFRASTRUCTURES : La route menant à l’aéroport de Bangboka fait la honte de Kisangani !

INFRASTRUCTURES : La route menant à l’aéroport de Bangboka fait la honte de Kisangani !

En attendant la fixation de la date exacte et sauf changement de dernière minute, la ville de Kisangani abritera, au  mois de janvier 2020, le Forum national sur les mines. Ces assises seront présidées par le chef de l’Etat, M. Félix Antoine Tshesekedi Tshilombo, et connaîtront la participation des délégués qui viendront de l’ensemble du pays : gouvernement central, gouvernements provinciaux, parlement, opérateurs du secteur minier, experts,  partenaires, etc. 

Les hôtes de marque du gouverneur de la province de la Tshopo, Me Louis-Mairie Walle Lufungula débarqueront à Kisangani par l’aéroport international de Bangboka,  est de la ville. D’ici pour atteindre le centre-ville, la seule voie obligée, c’est la route, longue de 17 kilomètres, qu’aucun d’eux n’évitera.

Mais dans quel état se trouve cet axe routier, notamment dans sa partie comprise entre la Société Commerciale des Transports et des Ports (SCTP, ex-ONATRA), dans la commune Makiso et le  PK 15, à la bifurcation pour se diriger vers les installations aéroportuaires ? Celui-ci fait la honte de la ville de Kisangani à cause de son délabrement très avancé.

Qu’ils soient président de la République, Premier ministre, ministres, gouverneurs de province, députés nationaux, sénateurs, etc, tous seront contraints de danser au rythme de secousses à bord de leurs véhicules, quel qu’en soit le standing. Forcément !  Les trous, crevasses et  bourbiers jonchent tout le parcours, empêchant aux chauffeurs d’écraser leurs accélérateurs.

Tshisekedi et Ilunga en savent quelque chose

 Le président de la République, M. Félix Antoine Tshesekedi Tshilombo, en sait, sans doute, quelque chose de ce tronçon. D’autant plus qu’il l’avait emprunté à son arrivée à Kisangani en novembre 2018, dans le cadre de sa campagne électorale comme candidat président de la République. Il était, pour la circonstance, accompagné par son directeur de campagne, M. Vital Kamerhe Lwa Kanyinginyi Nkingi dans leur alliance politique CACH (Cap pour le Changement). Le Président national de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) est devenu son directeur de cabinet.

A l’occasion de sa première visite officielle à Kisangani en mai 2019 en sa qualité de président de la République pour la mandature 2019-2023, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo avait atterri à l’aéroport de Bangboka en provenance de Bunia, province de l’Ituri. Encore une fois, son directeur de cabinet, son ex-directeur de campagne Vital Kamerhe et plusieurs autres personnalités, dont le directeur général de l’Office des Routes, M. Herman Matima Sakrini, étaient dans sa suite. Tous étaient passés par cet axe routier pour rejoindre la commune Makiso, le centre-ville, avant de rouler sur les quelques kilomètres d’artères macadamisées de la commune Makiso. Qu’ils sachent que par rapport à ces deux derniers passages à Kisangani, la route dont question ici était déjà fortement détériorée. Au stade actuel, elle s’est davantage empirée. Comme si cela ne suffisait pas, elle menace de se couper au niveau du PK 15.

Alors directeur général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), Sylverstre Ilunga Ilunkamba avait effectué une mission d’inspection à Kisangani au mois de juillet 2016. C’était en prévision de la relance du trafic ferroviaire entre Kisangani et Ubundu (125 km) avec les nouvelles locomotions acquises sur financement de la Banque Mondiale.

Celui qui, trois années après, est devenu le tout premier Premier ministre de la deuxième mandature de la Troisième République avait débarqué à l’aéroport international de Bangboka en provenance de Lubumbashi, d’où il s’était dirigé aux installations de la SNCC dans la commune de Lubunga, rive gauche du fleuve Congo, via la commune Makiso. M. Ilunga Ilunkamba a encore, nous en sommes convaincus, l’image de ce tronçon routier qui, à l’époque, était déjà défectueuse.

Par ailleurs, tous les officiels qui effectuent leurs missions dans la capitale provinciale de la Tshopo sont unanimes à reconnaître que cet axe n’est plus route que de nom. Et pourtant, l’aéroport international de Bangboka est la porte d’entrée de la ville de Kisangani pour tous ses hôtes, qu’ils soient nationaux ou étrangers.

La balle renvoyée dans le camp du gouvernement central

En prévision de la tenue à Kisangani du Forum national sur les mines,  la balle se trouve dans le camp du gouvernement Ilunga Ilunkamba. Il est contraint de débloquer d’urgence un fonds pour la réhabilitation rapide de la route entre l’aéroport de Bangboka et le centre-ville. Ne serait-ce pour un travail provisoire afin d’y rendre la circulation fluide, ou acceptable pour l’honneur de la 3èmeville et du 3èmepool économique de la RD Congo, jusqu’à preuve du contraire. A la rivière et faute de mieux, le gouvernement provincial doit prendre le raccourci au moins offrant en bouchant les innombrables trous, crevasses et bourbier par la limonite, bien que cette solution palliative soit indigne pour cette voie et la renommée ville qu’est Kisangani.  Les Chinois de l’entreprise CREC7 en sont,  à notre avis, mieux indiqués, étant donné le sous équipement de l’Office des Voiries et Drainage (OVD) et de  l’Office des Routes (OR), devenus quasiment des services publics inutiles.

En réalité, le tronçon routier entre le centre-ville et le PK 17 sur la Route nationale n° 4 (RN4), voire jusqu’au PK 21, n’est pas à réhabiliter. Il est plutôt à reconstruire selon les règles de l’art. La Société chinoise Zhengwei Technique Coopération (SZTC), qui a fait ses preuves sur la route dite TP, allant  de la commune de Kabondo jusqu’au Marché Central, et sur l’avenue des Chutes, comprise entre le rond-point SGA dans la commune Makiso et le pont Tshopo dans celle du même nom, peut se voir confier ce marché au moment opportun.

A ce propos, les techniciens en la matière affirment qu’une meilleure route bitumée, c’est-à-dire construite dans le respect des normes, coûte 1 million USD par kilomètre. Il en faudra donc 17 millions USD  pour l’axe entre le centre-ville et l’aéroport de Bangboka que le gouvernement de la République ne sera pas en mesure de décaisser en urgence dans la perspective des assises de Kisangani sur les mines.

Cependant, en attendant, le président de la République, M. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et le Premier ministre, M. Sylverstre Ilunga Ilunkamba devraient bousculer le budget 2019 en fin d’exécution ou chercher d’urgence un partenaire pour voler au secours de cette route. A moins qu’ils décident que l’aéroport de Simi-Simi  (ouest) qui n’est plus utilisé et dont le statut actuel est flou, puisse accueillir les avions transportant les délégués à cette grande activité. A partir de là jusqu’au centre-ville, la voie est en bon état ; elle avait été asphaltée par l’entreprise chinoise CREC 7 avec le financement du gouvernement central dirigé par Augustin Matata Ponyo il y a quelques années.

Ou alors cette hiérarchie opte pour les hélicoptères pour acheminer à Kisangani les délégués au Forum national sur les mines qui se profile à l’horizon. Malheureusement, la  RD Congo n’a pas ce type d’appareil dans sa flotte aérienne. Pour l’opinion, si l’exécutif national est incapable de faire quelque chose en mode d’urgence pour la route aéroport de Bangboka – centre-ville, autant remettre ces assises à plus tard. Raison : les Boyomaises et Boyomais en ont assez d’avoir honte devant leurs visiteurs si ces derniers débarquent à Kisangani par cet aéroport ou y arrivent par la Route Nationale n°4 (RN4), axe Kisangani-Beni, ou par la RN3, axe Kisangani-Lubutu (Maniema) – Walikale (Nord-Kivu). Comparaison faite, entre les axes routiers asphaltés de la commune Makiso et le tronçon menant à l’aéroport de Bangboka, c’est comme le jour et la nuit, la lumière et les ténèbres, le paradis et l’enfer.

Le gouverneur de la Tshopo, Me Louis-Marie Walle Lufungula qui, le jeudi 05 décembre dernier, est passé par cette route en très piteuse en vue de prendre son vol à destination de Kisangani, en a subi, pour la énième fois, le calvaire en dansant contre son gré. Et, il en était  de même à son retour à Kisangani.

Ce tronçon, à titre d’information, a amorcé sa descente aux enfers depuis près de 10 ans. La dernière tentative de sauver son image date de 2013 sous le dernier gouverneur de la province Orientale, M. Jean Bamanisa Saidi.

Une probable cérémonie en vue.

Lors de son premier séjour officiel à Kisangani au mois de mai dernier, le chef de l’Etat avait présidé deux activités phares, à savoir : l’inauguration du pont MaÏko à Wanie-Rukula, PK 59, sur la route Kisangani-Lubutu et le pont Lubunga  en béton armé sur la rivière du même nom,  au PK 2 sur la route Opala dans la commune de Lubunga, rive gauche du fleuve Congo. Ces deux ouvrages d’art ont été réhabilité, pour le premier,  et reconstruit,  pour le second par l’Office des Routes avec le financement du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI).

Les informations en notre possession renseignent que Félix Antoine Tshisekedi profitera des assises du  Forum national sur les mines pour inaugurer l’Hôtel Congo Palace sur l’avenue de l’Eglise dans la commune Makiso. Cet ouvrage de quatre Etoiles, géré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), a été entièrement réhabilité, modernisé et revitalisé par la Société Zhengwei Technique Corporation (SZTC) avec le financement du gouvernement de la République Démocratique du Congo.

Gilbert  RISASI  SINDANO