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Kisangani : Troubles à Lubunga, l’Asbl SAUTI YA LUBUNGA pointe le Bourgmestre.

Kisangani : Troubles à Lubunga, l’Asbl SAUTI YA LUBUNGA pointe le Bourgmestre.

SAUTI YA LUBUNGA, Association Sans But Lucratif basée dans la commune de Lubunga, a fait le point autour de la situation qui a prévalu le lundi 15 avril dernier dans cette municipalité. C’était au cours d’un point de presse tenue le mercredi 17 avril au siège de cette association.  En effet, le lundi 15 avril, l’ASBL SAUTI YA LUBUNGA a organisé une marche qui devait partir du Beach ANAFLIKIS à l’hôpital général de Lubunga et  avait pour but de protester contre l’insécurité grandissante au sein de cette municipalité. Selon Héritier ISOMELA, président de cette structure de la société civile, cette insécurité est causée par l’unité des commandos cantonnés au centre d’instruction LUKUSA.

Héritier ISOMELA

Héritier ISOMELA a souligné que la population de la commune Lubunga demande la délocalisation de cette unité des commandos et dénonce en même temps le silence des autorités municipale et urbaine face à cette ignominie causée par ces hommes en uniforme. S’agissant des actes de vandalisme perpétrés par certains jeunes de la commune Lubunga au bureau communal et à la résidence du bourgmestre, le président de l’ASBL SAUTI YA LUBUNGA estime que les propos inappropriés du bourgmestre étaient à la base de cette situation.

« Le Bourgmestre était en train de présider sa causerie morale avec ses agents. Qu’est ce qui a énervé la population ? Il a dit ceci ; qu’est ce que l’asbl sauti ya Lubunga croit ? Je termine cette causerie et je vais rétablir le trafic sur le fleuve. Ils sauront qui je suis. Ce sont ces propos qui ont créé une panique générale ».

Le bourgmestre de la commune Lubunga a condamné avec la dernière énergie ces actes tendant à saboter les patrimoines de l’Etat. Selon les dires de Jean Claude LUPIA, il ne s’agissait pas d’une marche pacifique mais plutôt d’une rébellion. Il estime qu’en tant que bourgmestre, il n’a pas la gestion de l’armée.

Jean Claude LUPIA, Bourgmestre commune LUBUNGA

« La première des choses, on a exigé à tous ces militaires de quitter la cité parce que la cohabitation n’était pas pacifique. Ensuite, j’ai fais mon rapport et tous mes collègues qui participent à la réunion du comité urbain de sécurité, ils sont informés que chaque jour je le dis tout haut… Et d’ailleurs, j’avais dis qu’un jour je serais attaqué par les militaires parce que je ne fais que réclamer. Et moi je ne peux que faire rapport à la hiérarchie, aux personnes qui sont compétentes pour trouver solution à ce problème des militaires. Ces gens là sont allés avec le Maire voir le commandant région ; est ce qu’ils ont eu gain de cause ? Ils sont allés voir le commandant troisième zone de défense, est ce qu’ils ont eu gain de cause ? Les commandants sont partis d’ici ? Je crois que la réponse était : ils doivent attendre pour que l’ordre vienne de Kinshasa. Est-ce qu’un Bourgmestre peut saisir un ministre de la défense ? Est-ce qu’un bourgmestre peut saisir le président de la République pour faire partir les miliaires de sa commune ? »

Le lundi 15 mars dernier, le trafic entre les deux rives du fleuve Congo a été paralysé suite à la marche de la population de Lubunga. Aucune pirogue, à pagaie ou motorisée, n’a assurée la traversée tout l’avant-midi. Sur place à Lubunga, les manifestants ont saccagé le bureau administratif de la commune, le bureau d’un poste de la DGM, direction générale des migrations ainsi que la maison du bourgmestre de la commune de Lubunga. La situation était telle que le Maire de la ville ad intérim a décidé de faire le déplacement pour échanger avec la population. Accueillie à jet de pierres, la délégation de la mairie, accompagnée des journalistes des quelques médias locaux, a finalement réussi à échanger avec les manifestants. Eugenie WANDANDI avait promis de s’investir personnellement pour trouver une solution dans un délai raisonnable.

Le trafic sur le fleuve Congo a repris en début d’après-midi de ce même lundi 15 avril.