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RDC/Gouvernement : Selon ROC 24, l’architecture du Gouvernement est budgétivore et éléphantesque : les politiciens d’abord, le peuple après ?

RDC/Gouvernement : Selon ROC 24, l’architecture du Gouvernement est budgétivore et éléphantesque : les politiciens d’abord, le peuple après ?

Dans un communiqué conjoint publié ce 03 Août 2019,  trois associations de la Société Civile – le Recic, Odep et Collectif 24-, réunit sous la dénomination ROC 24,  qualifient l’architecture du Gouvernement proposée à Son Excellence le Premier Ministre Ilunga de non seulement éléphantesque mais aussi ne cadrant pas politiquement avec la vision du Chef de l’Etat qui est celle de combattre la pauvreté sous toutes ses formes et mettre la population au centre de l’action publique.  Ces associations craignent, avec cette taille, au regard des charges des cabinets politiques et la capacité de mobilisation des recettes, que la loi des finances qui serait votée risquerait de servir seulement les institutions au détriment du peuple.

Selon le ROC 24, l’architecture de ce Gouvernement apparaît la deuxième plus grande qu’a connue la République Démocratique du Congo depuis l’adoption d’une nouvelle constitution en 2006, après celui de Badibanga investi en décembre 2016 qui était composé de 68 ministres. Alors que le Gouvernement de Mzee Laurent Désiré KABILA n’avait jamais atteint 20 ministres et était capable de payer 100 dollars au militaire et policier le moins gradé, et ce pendant la guerre qu’a connu la République Démocratique du Congo.  En comparant aux gouvernement des certains pays africains, l’architecture de ce gouvernement est budgétivore au risque de porter un coup dur à l’organisation des élections locales et à la mise en œuvre de la politique de la gratuité de l’éducation, le financement national d’investissement agricole, la prise en charge de la politique de la santé universelle, l’accès à l’énergie par tous, etc.

Ces associations, ROC 24, pensent que la capacité d’un gouvernement ne réside pas dans sa taille. Ce qui importe pour un gouvernement c’est une équipe compacte, soudée autour d’une vision inspirée par le Chef de l’Etat et mise en pratique par un premier ministre dans un système à gouvernance centralisée.

Du point de vue politique, le RECIC, ODEP et le Collectif 24, constatent  que « nous assistons au partage du gâteau entre politicien en lieu et place du partage du pouvoir fondé sur un programme commun de développement social et économique, pendant que le Chef de l’Etat avait déclaré dans ses différentes prise de parole publique, que le gouvernement sera modeste, un gouvernement des esclaves avec des animateurs non impliqués dans la ruine. »

Ils ont également évoqués dans ce communiqué, la violation des ordonnances présidentielles dans la création des ministères mais aussi dans la fixation des attributions de ces derniers.

Du point de vu budgétaire, ODEP et RECIC signale dans ce communiqué qu’en se référant au budget 2019 qui est de 4,9 milliards USD, le Gouvernement de 65 membres conduira au paiement de ses dépenses de fonctionnement et de rémunération autour de 737 millions USD par an soit 12% du budget du pouvoir central. Au de-là des ministres et vice-ministres, le trésor public devra prendre en charge environs 5200 personnels politiques, qui seront affectés dans différents cabinet ministériels, ajouter les personnels du cabinet du premier ministre sans compter le cabinet du chef de l’Etat, les bureaux du parlement et le président honoraire mais aussi les anciens membres du gouvernement. En cinq ans, le président Félix TSHISEKEDI devra débloquer 3,685 milliards USD par an pour les dépenses de fonctionnement et de rémunération de son gouvernement. Alors que sa politique budgétaire pour 2020 – 2022 prévoit un endettement de 7 milliards USD auprès des institutions financières internationales. Comparant les dépenses qui s’élèvent à 3,685 milliards au budget qui est de 4,9 milliards, il ne restera que 1,3 milliards soit 26,3% du budget que le pays pourra affecter à d’autres dépenses.

Lui rappelant le slogan « Le peuple d’abord »,  RECIC, ODEP et Collectif 24  invitent le Chef de l’Etat à abroger l’ordonnance n°17/024 du 10 juillet 2017 portant organisation et fonctionnement du Gouvernement, modalités de collaboration entre le président de la république et le gouvernement ainsi que les membres du gouvernement, d’une part, et l’ordonnance n°17/025 du 10 juillet 2017 fixant les attributions des ministres, d’autre part en vue de prendre d’autres ordonnances avec une architecture intelligente du gouvernement sensée combattre la pauvreté. Ils l’invitent également à publier le programme politique de l’accord FCC-CASH.

Pompon BEYOKOBANA/Rfmtv

 

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