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RDC : la suppression des barrières, une réponse à la misère du peuple congolais ?

RDC : la suppression des barrières, une réponse à la misère du peuple congolais ?

Lors de la septième réunion des gouverneurs tenue tout récemment à Kinshasa, le président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a, entre autres, instruit les chefs d’executifs provinciaux de procéder sans conditions à la suppression des multiples barrières placées dans les différents coins de leurs entités respectives. Cette instruction ferait suite aux lamentations des populations autour des tracasseries que provoquent ces barrières légales ou pas.

Suffit-il de répertorier les barrières pour mettre fin à leur existence? C’est la question que se pose Francis Maroy Konda, Chercheur en management public, enseignant aux réseaux des universités du cepromad et éditeur manager de Together magazine grands lacs

D’aucuns diraient non, pense notre interlocuteur. Les barrières, explique t il, existent à l’intérieur du pays tout comme dans la capitale Kinshasa, d’abord pour des raisons sécuritaires.

 » C’est très normal d’en avoir, au besoin augmenter d’autres barrières et informatiser d’autres services à des barrières. Néanmoins, l’instruction de répertorier les barrières, semble souffrir de plusieurs réalités. Tracasseries et rançonement sont juste une réponse de survie dans un système peu réaliste et inhumain. Comment un agent non matriculé, agent non mécanisé, peut il survivre et prester à la barrière sans aucune motivation légale? « 

En réalité, les fonctionnaires et agents de l’État travaillent dans des conditions inhumains. Les barrières n’ont rien de mauvais en soi, mais les conditions de travail poussent les agents aux tracasseries et dérapages. Il y a même des autorités commises dans la brousse sans frais de fonctionnement, sans moyens des transports, sans moyens des communications…

Au lieu de supprimer les barrières, explique Francis Maroy Konda,  » vaut mieux faire face à la cause de dérapages, qui n’est rien d’autre que la mauvaise gouvernance et la non gouvernance. Avec un budget médiocre et dont 65 pourcent revient aux institutions, il en va de soit que le reste de la population s’adonne à des pratiques mesquines pour survivre. D’où pour être avec la population, il ne vaut pas la peine de continuellement instruire mais, il vaut plus la peine d’agir en responsable, tout en maîtrisant les faits sociaux dans leur globalité et dans leur totalité ».

La rédaction.