À Mambati, dans la province du Haut-Uélé, le site minier Pyramide de Nagasa est au cœur d’une controverse qui suscite de vives inquiétudes parmi les exploitants artisanaux et les communautés locales.

Depuis plusieurs semaines, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une tentative de prise de contrôle du site au profit d’un opérateur étranger. Selon plusieurs sources locales, le carré minier appartenant à Paul Abola Zamani Mavuba ferait l’objet de fortes convoitises de la part d’un ressortissant chinois présenté comme bénéficiant de soutiens au sein de certains services administratifs.

Les creuseurs artisanaux et orpailleurs actifs sur le site dénoncent une situation qu’ils assimilent à une menace pour leurs activités et leurs moyens de subsistance. Ils accusent certains agents de l’administration minière d’agir en faveur d’intérêts extérieurs, au détriment des exploitants congolais.

« Nous assistons progressivement à l’exclusion des Congolais de l’exploitation de leurs propres ressources naturelles », affirme un exploitant artisanal rencontré sur place. Celui-ci redoute l’émergence de tensions sociales si les autorités compétentes n’interviennent pas rapidement.

D’après les informations recueillies, le propriétaire du site aurait déjà saisi plusieurs autorités provinciales et nationales afin d’alerter sur une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité des activités minières dans la région.

Dans cette partie du Haut-Uélé, réputée pour son important potentiel aurifère, les acteurs locaux craignent une recrudescence des conflits liés à l’exploitation minière si les droits et intérêts des communautés riveraines continuent d’être négligés.

Face à ces préoccupations, plusieurs organisations de la société civile appellent le gouvernement à renforcer la gouvernance du secteur minier artisanal, à faire respecter les textes en vigueur et à garantir la protection des exploitants nationaux.

Cette affaire remet une nouvelle fois sur la table la question de la gestion des ressources minières en République démocratique du Congo. Dans les provinces de l’Est, où les richesses du sous-sol suscitent de nombreuses convoitises, les populations locales réclament davantage de transparence et une meilleure prise en compte des intérêts des communautés congolaises.

La Rédaction

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