L’appréciation du franc congolais s’est fait d’une manière spectaculaire. La baisse brutale et rapide du taux de change du dollar américain en franc congolais n’a pas laissé indifférents certains experts économiques de la République Démocratique du Congo.
César Bango Bango, économiste de formation et étudiants en troisième cycle, pense que la décision de la Banque Centrale du Congo d’injecter des dollars sur le marché des changes afin de stabiliser le taux de change du franc congolais constitue une mesure typiquement conjoncturelle, visant à répondre à une pression immédiate sur la monnaie nationale.
Selon lui, si cette stratégie peut atténuer temporairement la volatilité et restaurer une stabilité superficielle, elle demeure insuffisante en l’absence de politiques structurelles complémentaires.
« En effet, la dépréciation chronique du franc congolais trouve ses origines dans des faiblesses profondes telles que la faible diversification de l’économie, la dépendance aux importations, la prépondérance du secteur informel et la vulnérabilité externe liée à la concentration des exportations minières ».
Il estime que sans réformes structurelles visant à renforcer la production locale, à améliorer la gouvernance économique, à élargir la base fiscale et à diversifier les sources de devises, les injections de dollars ne feront qu’offrir un répit momentané tout en exposant le pays à l’érosion de ses réserves de change et à une perte de crédibilité monétaire .
De ce fait, conclut César Bango Bango, l’absence de transformation structurelle accroît le risque d’un retour aggravé de la pression sur la monnaie, compromettant ainsi la stabilité macroéconomique à long terme.
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