Le Professeur magistrat Jean Claude Pandatimu Big Wha Ganga, arrêté depuis le 6 octobre 2023, croupis encore en prison. Plus de deux ans après son arrestation, ses enfants montent au créneau pour dénoncer une injustice à l’endroit de leur géniteur. Léon et Colette Pandatimu l’ont dénoncé dans une déclaration rendue publique le 19 décembre 2025. Ils estiment que leur père est victime d’un déni de justice. Nous vous proposons l’entièreté de leur déclaration.
Notre papa, le professeur et magistrat J.C. Pandantimu, ainsi que les trois policiers, condamnés en même temps que lui, sont aujourd’hui victimes d’un déni manifeste de justice. Ce déni s’est traduit par le refus persistant des juges de la Cour de cassation de prononcer l’arrêt RPA 207, pourtant légalement attendu.
En octobre 2023, notre père a été condamné à deux jours de prison par la Cour d’appel de la Tshopo. Conformément à la loi, il a régulièrement interjeté appel devant la Cour de cassation. La cause, enregistrée sous le numéro RPA 207, a été instruite, plaidée et prise en délibéré le 22 janvier 2024.
Or, selon les codes de procédure pénale, le délai légal de prononcer est de 10 jours. L’arrêt RPA 207 aurait donc dû être rendu au plus tard le 2 février 2024. Nous sommes aujourd’hui en décembre 2023, soit près de 22 mois de retard injustifié, ce qui constitue un dépassement anormal et grave du délai légal de prononcer.
Notre papa ne sollicite aucune faveur. Il demande simplement que la justice fasse son travail et que l’arrêt RPA 207 soit prononcé. De plus, comme l’a clairement souligné la lettre du 24 mars 2024 de l’Association des professeurs de l’Université de Kisangani, le déni de justice dont souffrent notre père et les policiers est aggravé par l’émission de certains milieux politiques de la province de la Tshopo dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire.
Selon cette même lettre, un membre du gouvernement central, agissant au nom et pour le compte de la Fondation de la Première Dame, Mme Denise Nyakeru Tshisekedi, se serait rendue coupable d’une ingérence dans le processus judiciaire à l’origine du blocage du dossier. Ce membre du gouvernement a d’ailleurs été vu de manière ostentatoire lors de l’audience à la cour d’appel de la Tshopo, ce qui n’a échappé à personne. Nous souhaitons conclure par deux précisions importantes.
Primo, conformément à l’alinéa 4 de l’article 149 de la Constitution, les policiers apparaissant dans la vidéo agissaient au nom du Président de la République, garant de l’exécution des décisions judiciaires. Cette vidéo constitue en réalité la preuve des actes de rébellion commis par l’ex-épouse de notre père.
Secundo, comme l’atteste le rapport médical établi par les médecins de la prison, l’état de santé de notre père est préoccupant. Il ne s’agit nullement d’une mise en scène, mais d’une situation médicale réelle et documentée. Nous appelons la presse nationale et internationale, ou toutes autres institutions à relayer cette injustice afin que le droit soit enfin dit. Nous vous remercions.

La Rédaction
