Kisangani — La 16ᵉ édition du Festival Ngoma s’ouvre dans un contexte particulier à Kisangani. Initialement prévu au mois d’août, le rendez-vous culturel a été reporté d’un mois en raison de la menace liée à la maladie à virus Ebola. Malgré les contraintes sanitaires et sécuritaires, les organisateurs maintiennent le cap avec une programmation réunissant des artistes de Kisangani, de Kinshasa, de Matadi et de la République du Congo.

Selon Ma Gloire BOLUNDA, Coordonnateur du Groupe TACCEMS, cette édition a enregistré 74 dossiers de candidature, dont plus de la moitié provenaient de l’extérieur de la République démocratique du Congo. Au terme du processus de sélection, 13 dossiers ont été retenus. Cette révélation a été faite au cours d’un point de presse tenu ce dimanche 20 septembre 2026 à l’Espace Culturel Ngoma.

Le contexte sanitaire et sécuritaire a toutefois eu des conséquences sur la participation des artistes de l’Est du pays, explique – t –il. Les compagnies de Beni, Goma, Bukavu, Bunia et d’autres villes de l’Est n’ont pas pu effectuer le déplacement. Les organisateurs évoquent à la fois l’insécurité liée à la guerre et la menace d’Ebola. Goma et Bukavu manquent ainsi le festival pour la deuxième édition consécutive.

« L’art au cœur des communautés »

La particularité annoncée de cette édition réside surtout dans son thème : « L’art au cœur des communautés ». Pour TACCEMS, ce thème ne doit pas rester limité aux spectacles organisés dans les espaces culturels. Les organisateurs annoncent une décentralisation des activités vers les communes et les périphéries, afin d’aller directement à la rencontre des populations. Cette orientation devrait notamment prendre de l’importance avec la période de réhabilitation de l’espace culturel.

L’objectif affiché est de faire de l’art un outil d’éducation, d’information et de rapprochement entre les communautés. Interrogé sur le lien entre cette approche et le contexte politique marqué par les discussions autour des dialogues nationaux, le coordonnateur estime que l’art peut porter des messages auprès de la population, tout en soulignant que son utilisation dépend du message véhiculé par chaque artiste.

Des mesures sanitaires annoncées

Face à la menace d’Ebola, les organisateurs affirment avoir pris des dispositions sanitaires conformément aux recommandations de la mairie de la ville de Kisangani. Des dispositifs de lavage des mains avec de l’eau chlorée doivent être installés.  

Un festival devenu un espace de rencontres

Au fil des éditions, le Festival Ngoma est également devenu un espace de rencontres entre artistes, professionnels de la culture et public. Les organisateurs expliquent avoir reçu cette année un nombre important de candidatures, signe, selon eux, de l’intérêt suscité par le festival.

Des artistes venus de l’étranger ont déjà participé à certaines éditions, notamment des compagnies d’Italie, de France et de Belgique. Pour les organisateurs, la réputation acquise au fil des années explique en partie l’affluence des candidatures.

Le public de Kisangani constitue également, selon eux, un facteur important de l’attractivité du festival. La fréquentation des spectacles et l’accueil réservé aux artistes seraient parmi les éléments qui encouragent les compagnies à vouloir participer à l’événement.

La 16ᵉ édition du Festival Ngoma entend ainsi maintenir son rendez-vous avec le public malgré les contraintes sanitaires et sécuritaires. Au-delà des spectacles, le Groupe TACCEMS Asbl veut surtout profiter de cette édition pour rapprocher davantage la création artistique des communautés, conformément à son thème : « L’art au cœur des communautés ».

Pour clôturer ce oint de presse, l’orateur n’a pas omis de remercier les partenaires du Groupe TACCEMS Asbl, en particulier Africlia Belgium.

La Rédaction.

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