Isiro, 11 septembre 2026 — La quiétude qui faisait autrefois la réputation d’Isiro semble s’effriter. La capitale du Haut-Uélé, longtemps considérée comme une ville paisible, est confrontée depuis quelque temps à une série d’actes criminels qui suscitent l’inquiétude au sein de la population.

La situation a pris une tournure préoccupante il y a un peu plus d’une semaine, avec une attaque armée visant le président du Conseil provincial de la jeunesse. Celui-ci a été atteint par une balle réelle à la jambe. Un incident qui a sonné comme une véritable alerte dans une ville jusque-là relativement épargnée par ce type de violences.

Quelques jours plus tard, un autre fait macabre est venu raviver l’inquiétude. Dans les ravins du quartier Raquette, dans la commune de Kupa, non loin du bureau de représentation de Kibali Gold Mine, un corps sans vie a été découvert.

Il s’agissait d’un jeune homme d’environ 35 ans. Son corps, déjà en état de décomposition avancée, présentait notamment des traces d’agressions physiques au visage. Alertées, les autorités communales se sont rendues sur les lieux pour effectuer le constat d’usage, avant de solliciter les services de sécurité ainsi que la Croix-Rouge pour procéder à la levée du corps en vue de son inhumation.

Alors que l’émotion suscitée par cette découverte était encore vive, un nouveau drame est venu alimenter la psychose. Les habitants de l’avenue Madulunga, dans le quartier Tely, ont découvert jeudi matin le corps sans vie d’un menuisier qui vivait seul et exerçait son métier dans son atelier à domicile.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de cette mort.

Des mesures sécuritaires renforcées

Face à cette recrudescence d’actes criminels, les autorités provinciales multiplient les initiatives pour tenter d’endiguer le phénomène. Des parades ainsi que des patrouilles mixtes FARDC-PNC sont organisées, tandis qu’un couvre-feu de 22 heures à 5 heures du matin a été instauré à Isiro et à Watsa.

Malgré ces dispositifs, leurs effets sur le terrain restent encore difficiles à percevoir, alors que la population demeure préoccupée par la succession des incidents.

De son côté, la synergie de la société civile appelle la population à une vigilance accrue et à une collaboration renforcée avec les services de sécurité afin de contribuer à l’identification et à l’arrestation des auteurs et instigateurs de ces actes.

Pour les habitants d’Isiro, l’enjeu est désormais de préserver les acquis sécuritaires de la ville et d’éviter que la multiplication des modes opératoires des criminels ne compromette les efforts consentis ces dernières années.

Le souhait le plus cher demeure le retour rapide d’une paix durable dans la capitale du Haut-Uélé, qui abrite la majorité des membres du Conseil provincial de sécurité.

La Rédaction

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