Tout n’est pas que  théâtre, sermonnait le speaker de la Chambre qui recadrait un élu trop plaisantin, voire vaudevillesque  à ses yeux. Il n’empêche. Des coups de théâtre n’en continuent pas moins de défrayer  régulièrement la chronique dans les travées de l’Hémicycle.

 Hier, était jour de motion synonyme de guillotine  pour le ministre -katumbiste ?- des Transports. Voilà que, patatras, l’échafaud dressé par des députés de la majorité s’écroule comme un château des cartes sous les coups de boutoir  des élus de la même majorité ! 

Née des entrailles de l’Union sacrée, la motion de défiance est euthanasiée par ses géniteurs ! Un coup de théâtre digne d’inspirer des pièces de …théâtre dont les titres pourraient être: « Union sacrée contre Union sacrée », « Motion parlementaire ou alimentaire« , « Motion montée et manquée« , « Tout ça pour ça! », « Les travées de l’Hémicycle accouchent d’une souris » …

Quant aux  griefs comme incompétence, amateurisme, manque de vision …point n’est besoin de porter le ministre incriminé dans son cœur pour constater qu’il n’est pas le plus à plaindre sur ces insuffisances-là. Au contraire, Chérubin Okende fait partie des rares membres du gouvernement au sujet desquels on ne peut pas dire qu’il y  a eu  erreur de casting. Du moins pour la présentation.

 Alors, motion alimentaire ?  En tout cas, ce n’est à l’évidence pas, par ce ministre-là que la « salubrité gouvernementale » devrait commencer.

Monté comme par défi pour dégager le FCC du champ institutionnel -déboulonnement de la dictature oblige-, le Gouvernement  de l’Union sacrée contenait dès le départ les germes de ses faiblesses. Suite à cette malformation originelle,  pas la peine d’un baromètre pour s’apercevoir que derrière le  label « warriors« , il y a peu de   « guerriers » vraiment aguerris.

Vu sous cet angle, les pétitionnaires auraient fait sans doute œuvre utile en intentant un procès à l’encontre du Gouvernement. Une motion de censure aurait plus de sens  que des logiques d’attaque ciblée. Là, on irait jusqu’au bout du bout du « coup de théâtre« . Un gouvernement  désavoué par sa propre  majorité ! Pas étonnant au bord du  majestueux fleuve Congo.

Dans les plateformes mangeoires, tous régimes confondus, la devise demeure « Chacun pour soi, l’autorité morale pour tous« . « Le un pour tous, tous pour un » qui devrait sous-tendre l’Union sacrée n’a qu’une portée livresque. N’en déplaise aux « Trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas. Enfin, la politique rd congolaise a ses raisons que la raison ignore.

José NAWEJ