« Si on nous avait écouté, on n’en serait pas arrivé là aujourd’hui » : Propos de Maître Patient Biselenge Bombali, avocat au Barreau de la Tshopo, et Directeur exécutif de l’ONG Synergie des Avocats pour le Développement Durable.
En effet, depuis que le conflit Mbole-Lengola est né dans la Commune de Lubunga suite à la signature de 20 contrats d’occupation provisoire en faveur de la société Company Agro-pastoral du Congo, CAP Congo SARL, l’on ne cesse d’enregistrer des morts et des blessés dans l’un ou l’autre camp. Ces tueries, dégâts matériels et déplacements massifs des populations abandonnant ainsi des villages entiers auraient dû être évités. Malheureusement, ils se sont encore amplifiés ces derniers jours.
Pour cet avocat, Expert des questions foncières et forestières, qui s’est investi pour analyser ce conflit, le salut proviendrait de l’annulation pure et simple des contrats précités, chose, selon lui, que la Gouverneure de Province de la Tshopo, Madeleine Nikomba Sabangu, ne veut entendre.
Pour rappel, en date du 15 mai 2023, le collectif de 10 ONGs de défense des droits de l’homme œuvrant dans la ville de Kisangani avait saisi la Gouverneure de Province de la Tshopo pour qu’elle annule les contrats précités, mais cette dernière brille par un refus catégorique.
« Alors qu’une accalmie a été observée et que le collectif de 10 ONGs s’activait pour saisir la justice comme il avait promis, ce conflit a repris avec beaucoup d’atrocités. Au regard du mode opératoire auquel recourent les assaillants, je n’en douterais en aucun instant de croire à la présence des mercenaires et criminels professionnels venus d’ailleurs pour appuyer l’un ou l’autre camp. Il s’agit des pratiques inhabituelles des communautés tshoplaises », déclare Maître Patient Biselenge.
En ce jour où la jeunesse et la notabilité de Lubunga sont descendues dans la rue pour demander l’annulation de 20 contrats d’occupation provisoire signés en faveur de la société CAP Congo SARL, Maître Patient Biselenge Bombali se frotte les mains et déclare :
« …si les voix de 10 ONGs de défense des droits de l’homme avaient été entendues, on ne serait pas arrivé là aujourd’hui. Il faut de fois apprendre à écouter. Et il n’est pas trop tard pour mieux faire ».
Par la même occasion, Maître Patient Biselenge dénonce le silence des autorités nationales qui étaient alertées depuis le début de ce conflit. Le passage du vice premier ministre, ministre de l’intérieur à Kisangani, n’a pas été capitalisé pour trouver solution à ce conflit.
« La situation est grave voire même très gravissime et exige l’implication personnelle de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République ».
La Rédaction
