Le manioc est l’aliment de base pour environ 800 millions de personnes dans le monde, dont près de 500 millions d’africains. L’ Afrique est le plus grand producteur mondial de manioc avec 169 millions de tonnes soit 61% de la production mondiale, cependant, son rendement moyen est paradoxalement le plus faible comparé à l’Asie.

Selon les chercheurs, ce faible rendement peut être dû à plusieurs facteurs dont l’indisponibilité du matériel végétal de plantation (les boutures) de bonne qualité, la faible connaissance, le non suivi des itinéraires techniques, et surtout la mauvaise gestion des diverses maladies virales.

C’est dans cette optique que l’organisation internationale WAVE (Western African Virus Epidemiology) a lancé samedi 29 octobre 2022 au cours d’un atelier, la campagne de surveillance épidémiologique participative des champs de manioc contre les maladies virales, afin de   Contribuer à l’amélioration de la productivité de façon durable de cet aliment ainsi que de sa protection.

Le recteur de l’institut facultaire agronomique (IFA Yangambi), le Professeur Michel Baudouin, estime que la question de la surveillance participative des maladies virales de manioc est au cœur de développement.

« …Je suis ravi que l’IFA accueille tous les invités pour mettre en évidence cette approche intersectorielle et systémique. Le but ultime de tout ce que nous faisons, c’est le développement socio-économique des populations rurales de la province de la Tshopo et de la RDC. Je félicite WAVE et ses partenaires pour avoir cette ouverture et la volonté de toucher les producteurs de Manioc avec des nouvelles techniques de l’information », se réjouit Michel Baudouin.

Professeur Godefroy MUNDE, coordonateur pays de l’ONG WAVE annonce que cette campagne va se focaliser sur la sensibilisation et la formation des agents de vulgarisation et/ou encadreurs agricoles. Mais aussi, des associations des producteurs et multiplicateurs des boutures sur l’existence des maladies de Manioc ainsi qu’à l’utilisation de l’application NURU pour le diagnostic participatif en évaluant l’impact socio-économique.   

Des associations de producteurs et de multiplicateurs de boutures de manioc, en général, et les femmes productrices en particulier, sont les groupes cibles et les bénéficiaires directs de la surveillance participative initiée par WAVE.

Le projet profitera également à la communauté scientifique qui disposera ainsi d’un outil moderne pour le diagnostic des maladies des plantes et pour la surveillance participative des cultures, en collaboration avec les producteurs et d’autres acteurs de la filière manioc.  En outre, la surveillance participative est un maillon clé de la mise en application du Plan National de Prévention et de Riposte contre les maladies virales du manioc.

En effet, la production du manioc est confrontée à deux principales maladies virales que sont la maladie de la mosaïque africaine du manioc ou Cassava mosaic disease (CMD) et la maladie de la striure brune du manioc ou Cassava brown streak disease (CBSD). Ces maladies constituent les premières contraintes de la culture du manioc en Afrique subsaharienne. La maladie de la mosaïque africaine du manioc est causée par neuf espèces de géminivirus dont le virus de la mosaïque africaine du manioc et le virus Est-africain de la mosaïque du manioc.

Jean Claude Fundi