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Tshopo : quand les opérateurs économiques payent le lourd tribut de la dégradation de la RN4.

Tshopo : quand les opérateurs économiques payent le lourd tribut de la dégradation de la RN4.

La route nationale numéro 4 est devenue l’ombre d’elle-même avec une dégradation très avancée aux conséquences multiples. Cette route d’importance capitale relie Kisangani chef-lieu de la province de la Tshopo aux provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Longue de plus de 700 kilomètres, la nationale numéro 4 approvisionne la ville de Kisangani en produits vivriers ainsi qu’en produits manufacturés en provenance des pays limitrophes de la République démocratique du Congo.

Route complètement dégradée, le calvaire des usagers (opérateurs économiques)

L’impraticabilité de la route nationale numéro 4 engendre des pertes incalculables dans la comptabilité des opérateurs économiques qui empruntent cet axe routier afin d’importer et exporter leurs marchandises.

Il faut des semaines entières pour acheminer des marchandises en provenance des provinces de l’Est du pays jusqu’à Kisangani. C’est un véritable parcours des combattants, révèle un camionneur.


Selon ses dires, emprunter la RN 4 c’est accepter l’enfer à ciel ouvert.

une vue de la RN4

Un commerçant rencontré devant un dépôt de haricots et poissons salés non loin du marché central de Kisangani, ne cache pas sa désolation face au calvaire qu’il endure.


« Je ne sais à quel saint se vouer. Ma marchandise vient d’arriver ce vendredi 28 novembre 2020 à Kisangani et est complètement avariée. Plus de 150 sacs de haricots avariés à cause du long séjour qu’a pris le véhicule de Butembo pour Kisangani », explique ce commerçant désespéré.

A l’en croire, c’est une somme importante d’argent qui constitue plus de la moitié de son capital qui vient de s’engloutir dans cette marchandise pourrie.


Un autre commerçant non loin de cet entrepôt parle quant à lui d’une autre conséquence, charge et perte que subit le commerçant empruntant la route nationale numéro 4 en cette période.

Cet homme d’une cinquantaine révolue révèle que les gros camions utilisés pour le transport de leurs marchandises sont pris en location et les jours sont comptés.


« En plus des taxes, les coupeurs des routes ainsi que le fameux pont bascule, nous sommes soumis au paiement de surplus des jours non convenus par les camionneurs. Et d’ajouter que les jours sont comptés du bout de doigt par les propriétaires des véhicules en location. Une fois dépassé le délai convenu pour la location du véhicule, les jours supplémentaires sont automatiquement facturés », a-t-il confié.

Paralysie des activités commerciales pour persuader les autorités

haricot avarié d’un commerçant

Après avoir approché les autorités provinciales quant à la dégradation de la route nationale numéro 4, les opérateurs économiques passent à une vitesse supérieure.
Ils ont déclenché depuis mercredi 25 novembre 2020 une grève généralisée. Boutiques, magasins et autres activités commerciales sont fermées jusque ce lundi 30 novembre 2020.

Les opérateurs économiques invitent les autorités provinciales non seulement à la réhabilitation dans l’urgence de la nationale numéro 4 mais aussi à la suppression du pont bascule installé au PK 13 ainsi que la taxe conventionnelle des voitures transportant les marchandises.

Pendant ce temps, la vie devient de plus en plus insupportable à Kisangani à cause de la rareté des produits vivriers.

Jean-Claude Fundi