C’est le fruit des recherches de l’étudiant Edgar Yula de la Faculté de Gestion des Ressources Naturelles et Renouvelables de l’Université de Kisangani. Il a présenté les résultats de ses recherches le vendredi 2 septembre 2022 lors de la défense de son mémoire de licence (LMD). Sa recherche a tourné autour sur la transition énergétique :essai de production de biodiésel à base d’huile de ricin commenément appelé Mbalika.

Le ricin commun, de nom scientifique le Ricinus communis, est un arbrisseau d’origine tropicale de la famille des Euphorbiacées. C’est la source de l’huile de ricin, qui a diverses applications, et de la ricine, un poison. Il est fréquemment utilisé à des fins ornementales.

Selon cet éminent chercheur, sa trouvaille est partie d’un certain nombre de constats, notamment la problématique de l’épuisement des énergies fossiles dans le sol. Selon un rapport produit par un groupe d’experts intergouvernemental, il y aura épuisement des énergies fossiles en 2090. Il faut déjà commencer à chercher à faire des études préalablement pour qu’on soit en mesure de produire en grande quantité le mazout écologique (biodiésel) à base de nos ressources naturelles, entre autres  le ricin, espèce utilisée par Edgar Yula.

Outre cela, il y a aussi le problème de changement climatique. Une étude a été menée en France sur les émissions de CO2 émis par les engins utilisant les mazouts fossiles. Cette étude comparative démontre que le mazout fossile émet deux fois plus de dioxyde de carbone que le mazout écologique ou le biodiésel.

« …Sur 100 kilomètres, en utilisant le biodiésel, on émet 8,3 kilogrammes équivalent de dioxyde de carbone. Tandis qu’avec le mazout fossile, on émet 17,5 kilogrammes en parcourant le même trajet. En utilisant le mazout écologique, on réduit de plus de 50 % le dioxyde de carbone qui devait être émis dans l’atmosphère… »

La dernière raison avancée par ce chercheur est la guerre entre l’Ukraine et la Russie qui ne cesse de plonger le monde dans la pénurie des énergies.

« …Nous assistons à des carences de carburant. Notre pays est frappé par la carence, il y a perturbations des programmes des vols. Or nous avons besoin d’énergies pour faire fonctionner nos engins, nos véhicules, etc… »

L’utilisation du biodiésel présente plusieurs avantages, selon Edgar Yuma. En plus de contribuer à l’atténuation des émissions du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, à hauteur de 50 %, l’implantation des usines pour la production à grande échelle du biodiésel va créer des emplois et diminuer le taux ce chômage. Ce qui entraînera, à coup sûr, l’amélioration des conditions de vie des communautés et la réduction du banditisme. L’exploitation des plantations de ricin est une solution de désenclavement des certains milieux dans le Congo profond.

Edger Yula pendant sa désense.

« …Avec le biodiésel, on contribue à l’atténuation du changement climatique si et seulement si tout le monde parvient à avoir accès facile à ce biodiésel produit dans notre pays. Selon des recherches précédentes, il a été confirmé que lorsque vous plantez un hectare, la production est de 1600 litres d’huile de ricin par an. En utilisant 1000 hectares de plantation de ricin, la production sera de 1 600 000 d’huile de ricin par an.  Lors de la transformation, on produit 87 % de mazout écologique. D’où une production de 1 392 000 litres de biodiésel par an pour 1000 hectares… »

En plus, pense le chercheur, le ricin est une culture qui ne dure pas et qui n’est pas trop exigeante. En quatre mois, on peut déjà commencé à produire l’huile de ricin et passer à la transformation pour la production de mazout écologique ou le biodiésel. Et les récoltes se font quatre fois l’an.

En conclusion, pense Edgar Yuma, c’est donc une question de bonne de volonté et de bonne foi de nos autorités qui devront s’imprégner de cette étude, et voir comment on peut faire un essai afin d’arriver à produire le biodiésel dans notre pays.

Edgar Yula posant avec ses examinateurs après sa défense.

La Rédaction

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