A rebours de l’inénarrable Mboso, tout est, au fond, théâtre. Simplement, la question est de savoir quel genre de théâtre. Comédie, tragicomédie ou carrément tragédie.

Pas besoin d’être passé par l’INA – Institut national des Arts- pour constater que la pièce que les Congolais subissent dans leur chair plus qu’ils ne la regardent est une tragédie. Plus qu’un « spectacle » de fort mauvais goût, une pièce mortifère. A la manière de la ciguë du temps de Socrate. En pareille circonstance et occurrence, pas de place pour l’intermède synonyme de divertissement entre les actes d’une pièce de théâtre. Le pays étant focus sur la mobilisation générale consécutive au énième variant de la guerre d’agression ou de rapine, c’est selon.

Dans ces conditions, les bisbilles au sein de l’UDPS font autant mauvais genre que mauvais effet.

Voilà le parti présidentiel qui devait prêcher par l’exemple se donner en spectacle avec des querelles byzantines. Que valent les disputes sur le mode « J’y suis, j’y reste » versus « Ote- toi de là que je m’y mette » face aux enjeux existentiels de la Nation ? Est- ce vraiment le moment pour la formation qui a donné au pays le Commandant suprême de se déchirer alors que la maison RDC est menacée dans ses fondements ?

Autre intermède dont le pays n’a que faire, c’est cette tension née à la suite du retour à Kinshasa de Martin Fayulu. Dans ce pays où chacun voit midi à sa porte, pas la peine de pérorer sur qui a raison et qui a tort. C’est plutôt le message qui est en contradiction avec l’esprit « mobilisation générale ».

On ne peut pas vouloir attendre légitimement le plus grand rassemblement possible derrière la cause nationale et créer des conditions d’autres frustrations en réprimant des Congolais dès lors que ces derniers ne troublent pas l’ordre public. D’autant que ce dimanche- là, les militants du parti de Martin Fayulu- qui est tout sauf un saltimbanque- avaient apparemment pour mot d’ordre « soutien à leur leader et surtout appui aux vaillantes FARDC« .

Enfin, on peut se demander avec toutes les réserves d’usage si des arrestations- interpellations dans le cercle présidentiel devaient vraiment être comme scénarisées via les médias par les temps qui courent. N’y avait-il pas moyen de gérer cette séquence sécuritaire entre quatre murs insonorisés? Quel message envoie-t-on à tous ceux qui ne veulent pas que du bien – c’est un euphémisme -au pays?

José NAWEJ/ Séoul