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Culture : « chanter pour se libérer des traumatismes de la guerre » (Sire Joel Ngoy)

Culture : « chanter pour se libérer des traumatismes de la guerre » (Sire Joel Ngoy)

« Vingt longues années n’ont pu effacer en moi le souvenir noir de la guerre de six jours à kisangani. Je me rappelle à fond comme si c’était d’hier : des odeurs fetides des cadavres jonchés le long des routes de Kisangani, des images aveuglantes d’un homme tué alors qu’il voulait traverser la rue dont les viscères déroulés sur sa longueur… Un enfant qui a reçu une balle dans son oeil droit…et à force de voir les nôtres mourir, nous ne pleurions plus car nous nous en étions acclimatés. Je me rappelle encore des tirs d’obus qui dechiraient mon coeur. Des soldats misanthropes parlant des langues étrangères faisaient interruptions dans des ménages, imposant leurs désir à ces derniers qui impuissants et humiliés, ne pouvant rien contre cette absurdité sans nom  »

C’est le texte qui accompagne le single « Jambo » de l’artiste Sire Joël Ngoyi contenu dans le projet de l’album ISATO. Jambo est une chanson qui rappelle les atrocités qui ont été commises il y a vingt ans à Kisangani  pendant la guerre de six jours, guerre pendant laquelle les armées rwandaise et ougandaise se sont battues en pleine centre ville de Kisangani.

« La motivation première c’est de réclamer l’indemnisation des rescapés et victimes de cette guerre. Mais aussi de vouloir faire entrer cet événement dans l’histoire de la République Démocratique du Congo, mon pays, de l’ Afrique et du monde. Cette triste histoire est ignorée et méconnue de tous…. Aussi, se vouloir se libérer du traumatisme de cette affreuse guerre qui a marqué mon enfance ».

A en croire l’artiste, le temps n’a pas effacé de sa mémoire tout ce qui s’est passé à l’an  2000 dans sa ville natale.

« …Je ne trouvais pas des mots justes et même là j’ai juste frôlé le sujet. J’espérais que la justice allait trancher pour remettre les victimes dans leurs droits…mais aussi toutes ces années, je n’étais pas prêt pour affronter ce thème musicalement », explique l’artiste. 

C’est avec les moyens de bord que l’artiste s’est lancé dans ce projet. Il n’a aucun soutien, mais espère qu’il y’aura certainement des personnes physiques ou morales de bonne foi qui l’aideront à booster les choses.

L’artiste pense que l’État de droit ne doit pas être juste un slogan.

« …Pour nous autres de Kisangani, nous croirons en un État de droit que si nous voyons les alliés Congolais responsable de cette guerre à la barre pour répondre de leurs actes. Et aussi voir les victimes de Kisangani indemnisés… ».

La sortie de ce single dont le contenu ne manquera pas de toucher vos coeurs, est prévue pour le samedi 25 juillet 2020.

La rédaction.