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Derrière la fermeté, vivement des actes ! (Tribune de José Nawej)

Derrière la fermeté, vivement des actes ! (Tribune de José Nawej)

Quid de l’après-grand oral réussi ? Quelle suite donner au discours articulé du haut de la tribune des Nations-Unies ? Telle est l’équation qui se présente devant le Président rd congolais. Un exercice crucial sans lequel la fermeté et la clarté qui ont caractérisé l’adresse du chef de l’Etat seraient à jamais désincarnées. Car, comme l’a dit un écrivain, « seuls comptent les actes, les mots ne coûtent rien« .

Les actes ? Absolument ! Ceux d’un président pour qui battre le rappel des troupes au propre comme au figuré ne saurait relever de la tactique politicienne. Continuer à gérer la crise en cours à l’aune des approches sectaires, façon contre les oppositions équivaudrait à ne pas prendre l’exacte mesure de l’hypothèque existentielle qui plane sur la RDC. Ce serait perpétuer à rebours les travers aussi vieux que le cycle de guerres d’agression.

Alors, major de l’opposition, l’UDPS lisait l’agression sous le prisme d’un déficit de démocratie dans le chef du pouvoir kabiliste. Du pain béni pour les agresseurs, leurs soutiens souterrains et leurs rebelles de service qu’est cette lecture. Car, la position de l’UDPS accréditait la thèse-alibi du Rwanda -et… de l’Ouganda- selon laquelle la crise était congolo-congolaise! Pour des raisons purement politiciennes nourries notamment par le nihilisme bien de chez nous et l’anti-kabilisme primaire, la galaxie tshisekediste est restée hors mobilisation générale contre l’agression.

Comme l’histoire zairo-congolaise a le don de bégayer, il appartient à Fatshi blanchi sous le harnais d’un passé récent ou rattrapé par la même agression et le même terrorisme dénoncés par son prédécesseur c’est selon, de créer les conditions d’un front intérieur fort face à la menace récurrente. Car, la réponse à la guerre dans l’Est sera congolaise ou ne sera pas.

Du Président, les Congolais attendent des signaux clairs en cohérence avec la fermeté de son discours. Les fronts diplomatique, médiatique et-par-dessus tout, militaire et populaire requièrent une approche moins sectaire, moins solitaire et, par conséquent, plus unitaire. Certains pans apparemment revanchards de la gouvernance actuelle, certaines tendances à préempter le processus électoral ne sont pas de nature à faciliter la mobilisation générale autour de l’essentiel.

En plus, à l’heure où l’image a acquis une charge symbolique que l’on ne pouvait soupçonner, certaines photos et postures avec des figures incarnées de l’agression brouillent, frelatent l’esprit du discours de New York.

Pour Fatshi, le plus dur a donc commencé. Traduire fidèlement dans les actes l’adresse aux accents souverainistes.

Sans ce service après-vente-là, le discours ferme et clair du Président rd congolais ne vaudrait pas un penny. Il pourrait même inspirer Paul Verlaine outre-tombe avec son « tout cela n’est que littérature« .

José NAWEJ

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