Édito : On ne change pas l’équipe qui perd !

Édito : On ne change pas l’équipe qui perd !

Édito : On ne change pas l’équipe qui perd !

On prend les mêmes et on recommence. Et comme le principe de causalité cher à Emmanuel Kant est aussi têtu que transversal, ce qui devait donc arriver arriva. Les Léopards, les mêmes avec le même coach, ont, une fois de trop, courbé l’échine face aux Panthères du Gabon. Avec cette circonstance aggravante pour les poulains d’Hector Cuper que le onze gabonais a foulé le sol kinois quelque quatre heures avant le match! Ce, au terme d’un vol de huit heures !

Amateurs voire passionnés du foot devant l’Eternel, les Congolais ont vécu, la mort dans l’âme, le remake des déconvenues précédentes avec un onze national désincarné. En lieu et place d’une équipe, un ramassis de joueurs qu’aucun système de jeu ne relie les uns aux autres. A quelques exceptions près, des athlètes qui jouent sans jouer, c’est-à-dire sans mouiller le maillot. Si les joueurs avaient, malgré tout, les vareuses trempées, c’est davantage du fait de la chaleur que de l’engagement.

Le service minimum des Léopards sur le terrain contraste avec leur propension à réclamer des primes qui n’ont aucun rapport avec leur rendement. Même si la fibre sociale n’est pas spécialement la marque de fabrique des dirigeants congolais, que d’urgences postposées ou carrément sacrifiés pour satisfaire les exigences des compatriotes évoluant à l’étranger!

Jouer dans un club hors des frontières nationales étant devenu, depuis quelques décennies, le principal critère de sélection. Peu importent le championnat, l’équipe et la forme du joueur ! Résultat, ce sont des Léopards édentés et dégriffés que l’on jette dans l’arène.

Tant qu’on n’aura trouvé ni le vaccin ni le médicament contre l’épidémie dénommée « on ne change pas l’équipe qui perd« , pas sûr de tordre le cou à cette spirale négative. Même si, sur un match, un vent de révolte peut faire illusion.

Tiens, mutatis mutandis, la gouvernance du pays n’est pas non plus à l’abri de cette « épidémie ». Pour ne pas remonter jusqu’au déluge, il y a peu l’opinion nationale – en ce compris les sociétaires de la Fatshisphère – s’attendait à un vaste coup de balai dans l’entourage du chef de l’Etat. En particulier, au retour du Président de l’espace Kasaï, où nombre de proches de Fatshi ont été publiquement déballés et désavoués pour « vol, corruption, abus des biens sociaux » tutti quanti par la…base. Six mois après ce sondage grandeur nature, le Président n’a toujours pas nettoyé les écuries d’Augias.

Comment ne pas suspecter- c’est un doux euphémisme- la même maladie dans le déroulé de la énième agression du pays par le Rwanda ? La béatification suivie quasiment de la canonisation des groupes armés à répétition fait le lit de l’infiltration, à tous les étages, du système de sécurité – Armée, Police, Services-…

Voilà que l’on continue sur la même lancée, sur conseil de mêmes « partenaires » et leurs succursales africaines dont le double jeu n’échappe à aucun Congolais non aligné. Le M23 est décrété « groupe terroriste« , mais la petite musique qui est fredonnée depuis l’extérieur suggère fortement – quel oxymore !- de privilégier le dialogue avec le même  » mouvement rebelle » , dont tout le monde sait qu’il n’est que la fumée dont Kigali est le feu !

Devrions-nous mettre à jour les mêmes poncifs et recommencer ? Comme nos ex-vaillants Léopards ?

José NAWEJ

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