Arrêté depuis  le 22 janvier 2024, une année et deux mois après, le professeur Pandatimu croupit encore à la prison centrale de Kisangani. Jugé en flagrance, l’affaire a été prise en délibéré et depuis lors la juridiction ne s’est toujours pas prononcée et maintenant ainsi le professeur dans une détention prolongée qui le plonge dans une profonde détresse.

Dans une lettre adressée au Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, le concerné s’inquiète de ne pas recevoir une suite a sa requête du 31 octobre 2024, alors que, selon la loi, trois mois après l’envoi d’une requête, l’article 27 de la constitution impose à l’autorité publique saisie de répondre sans délais.  Dans cette lettre datant du 18 février 2025, le concerné revient sur les circonstances qui l’ont amené en prison et a expliqué que la vidéo dite choquante, qui constitue le fondement des poursuites engagées contre lui, relève de la captation d’une scène témoignant d’infraction avérée. Loin d’être un acte répréhensible ; le filmage s’inscrivait dans le cadre d’une manifestation de la vérité.  

« Le contenu de ma lettre du 31 octobre 2024 démontre que l’interprétation donnée à cette vidéo par mes persécuteurs repose sur une présentation erronée des faits. En effet, les policiers apparaissant dans cette séquence exécutaient leurs missions dans le respect des ordres de leur hiérarchie. Dès lors, les accusations d’arrestation et d’incitation à la violation des consignes militaires portées à mon encontre ne sauraient être fondées en droit. »

Le professeur Pandatimu explique que le silence entourant son affaire ne peut qu’alimenter son inquiétude. Son incarcération prolongée, estime-t-il,  affecte non seulement sa santé, mais aussi sa réputation, notamment au regard des allégations infondées qui ont été colporté contre lui.

Tout en affirmant qu’il n’entend du pouvoir public congolais ni réparation pour les préjudices subis, ni sanction contre ceux qui ont initié ces poursuites injustes, il émet juste le souhait que justice soit rendue conformément aux principes d’un état de droit, car la République Démocratique du Congo se veut un état de droit.

« Pourtant, je suis détenu injustement depuis plus de 472 jours, sans qu’une décision ne soit rendue dans mon dossier. Si mes arguments en droit ne sont pas fondés, que la Cour de cassation statue et motive sa décision en toute transparence. Dans le cas contraire, je vous implore, en votre qualité de Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, d’intervenir pour que justice soit rendue et que je puisse recouvrer ma liberté. »

Trouvez la lettre du Professeur Pandatimu ici : LETTRE JC PANDATIMU kis 2

La Rédaction

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