« La culture est ce qui reste quand on a tout oublié ». Empruntée à un pédagogue japonais par l’académicien Edouard Herriot, cette phrase peut éclairer d’un jour nouveau la visite de l’ancien Président français en RDC. De ce séjour encore en cours, on peut tout oublier sauf ce bout de phrase : « plaider pour la fin des ingérences ».

Sans préempter l’étape-clé de la mission du prédécesseur d’Emmanuel Macron qu’est le Kivu, les Congolais retiendront cet appel à la fin des immixtions étrangères dans leurs affaires. Pour avoir blanchi sous le harnais de l’Elysée, François Hollande sait parfaitement de quoi il retourne. Et de quoi il s’agit exactement lorsqu’on parle de façon générique de « la guerre de l’Est ».

Il n’ignore pas que le malheur de la RDC provient essentiellement du faisceau de convoitises lointaines et proches qui se traduit par des ingérences croisées des puissances et multinationales extra-africaines sous couvert des sous-traitants régionaux et locaux. Cette espèce de déterminisme géopolitique et géostratégique né de la Conférence de Berlin où le pays a été conçu comme un réservoir ou un comptoir des matières premières où toutes les puissances avaient vocation à se servir.

Voilà que dans la foulée de la fin de la guerre froide, cette idée d’Etat-comptoir donne des idées sinon de saucissonnage, du moins de création des espaces de non souveraineté à des fins de pillage des ressources naturelles. Bonjour ingérences étrangères !

Cela fait un quart de siècle que le bruit de ces immixtions est couvert par une guerre de rapine qui, tel un cancer, s’est métastasé dans tout l’Est de la RDC. Ou presque. Au point que même « Dr Monusco » a jeté les bistouris en déclarant que la maladie était incurable. C’est dire.

Reste qu’il faut bien plus qu’un simple appel à la fin des ingérences pour que les prédateurs visibles et invisibles « lâchent le morceau ». Car, pour nombre d’intervenants dans le far west…oriental – quel oxymore géographique !-, la guerre s’avère plus rentable que la paix. D’où l’expression « no war, no business ».

José NAWEJ