La question de la paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo a été remise au centre de l’actualité à Kisangani.
L’amphithéâtre de l’Institut supérieur de commerce (ISC) a servi, mercredi 18 février dernier, de cadre à une conférence-débat de haute portée politique et académique consacrée aux accords de Washington et de Doha, ainsi qu’à la problématique du dialogue national.
Placée sous le thème « Paix politique et développement de la Grande Orientale face aux accords de Washington et Doha », la rencontre a réuni un parterre diversifié composé d’étudiants, d’enseignants-chercheurs, d’acteurs de la société civile et de plusieurs personnalités politico-administratives.


Objectif affiché : décrypter les enjeux réels de ces accords et réfléchir à leur impact concret sur la stabilité et le développement de la Grande Orientale.


Dans une atmosphère studieuse mais engagée, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une appropriation citoyenne des processus diplomatiques en cours.


Prenant la parole devant l’assistance, la questeure adjointe de l’Assemblée nationale, Grâce Neema Paininye, élue d’Ango (Bas-Uélé), a livré une lecture critique et pédagogique des accords présentés comme des instruments de pacification entre la RDC et le Rwanda.


Dans son intervention très suivie, la parlementaire a insisté sur un principe clé : la transparence totale dans la mise en œuvre des engagements internationaux.
Selon elle, l’accord structuré en neuf chapitres ne se limite pas à un simple cessez-le-feu permanent. Il prévoit également un ambitieux dispositif d’intégration économique régionale susceptible de transformer durablement les dynamiques des pays des Grands Lacs.
Elle a souligné qu’à travers l’accord de Washington, la Grande Orientale peut devenir un pôle stratégique.
Profitant du cadre universitaire de l’ISC, Grâce Neema a lancé un appel direct à la jeunesse estudiantine, l’invitant à s’approprier le contenu de l’Accord de Washington afin d’éviter toute manipulation politique ou désinformation.
Pour la questeure adjointe, ces accords ne doivent en aucun cas devenir un blanc-seing à la mauvaise gouvernance, mais plutôt un levier de redevabilité publique.


Autre moment fort de la rencontre : l’intervention du professeur Grison-Trésor Kakumbi, qui a recentré le débat sur la dimension interne de la paix.


Pour ce professeur, la Grande Orientale doit d’abord parler d’une seule voix avant d’envisager pleinement sa participation au dialogue national. Il a ainsi plaidé pour un dialogue communautaire préalable, capable d’harmoniser les positions des différentes composantes de la région.
Selon lui, cette démarche locale permettrait de traiter efficacement plusieurs dossiers sensibles, notamment :
les conflits de limites entre provinces ;
la gestion des ressources naturelles ;
l’organisation des pouvoirs coutumiers ;
les rivalités et conflits d’intérêts politiques.
« Le dialogue communautaire de la Grande Orientale est une étape indispensable pour construire une position commune en faveur du développement », a-t-il expliqué.
Tout au long des échanges, les participants ont montré un vif intérêt, multipliant questions et interventions. Beaucoup ont exprimé leur volonté de voir les engagements diplomatiques produire enfin des effets tangibles sur le terrain.

La Rédaction

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