Le Cercle des Professeurs et des Scientifiques de l’Université de Kisangani ainsi que d’autres établissements de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (ESURSI) de l’espace Grande Orientale, annonce le lancement d’un appel à participation destiné à accompagner les compatriotes et les institutions engagés dans le processus de révision ou de changement de la Constitution de la République Démocratique du Congo.
Cet appel s’adresse aux professeurs d’université, aux scientifiques (assistants et chefs de travaux), aux leaders communautaires, aux responsables associatifs, aux leaders d’opinion, aux représentants des confessions religieuses, aux acteurs de la société civile, aux étudiantes et étudiants, aux opérateurs économiques, aux fonctionnaires de l’État, aux acteurs politiques soucieux du bien-être de la population, ainsi qu’à tous les hommes et femmes de bonne volonté vivant dans l’espace Grande Orientale, dans les autres provinces du pays ou à l’étranger, attachés à la construction d’un Congo uni, fort et prospère.
Cette initiative fait suite aux travaux de recherche engagés depuis 2023 sur la question de la révision ou du changement de la Constitution. Les résultats à mi-parcours de ces recherches ont été rendus publics le 2 novembre 2024. Selon les promoteurs de l’initiative, les consultations menées auprès des compatriotes vivant au pays et dans la diaspora indiquent qu’une majorité d’entre eux se prononce en faveur d’un changement de la Constitution.
S’appuyant notamment sur la pensée du philosophe français Marcel Gauchet, les initiateurs de l’appel considèrent qu’aucun texte constitutionnel ne peut engager de manière définitive les générations futures. Ces dernières doivent demeurer libres d’améliorer les institutions héritées de leurs prédécesseurs. Dans cette perspective, la souveraineté ne saurait être l’apanage d’une seule génération. Ils estiment également que le modèle démocratique congolais doit être adapté aux réalités nationales et conçu par les Congolais eux-mêmes.
Les universitaires rappellent que, conformément aux articles 5 et 218 de la Constitution, le peuple et le législateur demeurent les détenteurs du pouvoir constituant. Ils soutiennent ainsi qu’il appartient au peuple de se prononcer sur son destin à travers les mécanismes prévus par la loi, notamment dans le cadre d’un éventuel référendum, tandis que les élites ont la responsabilité d’éclairer et d’accompagner ce processus.
Les initiateurs de l’appel se réfèrent également à la pensée du juriste Constantin Yatala Nsomwe, selon laquelle « aucune loi n’est immuable si la société qu’elle régit ne l’est pas », estimant que cette règle s’applique également à la loi fondamentale.
Dans le cadre de la mission de service à la communauté dévolue à l’université, cet appel vise à mettre en place un cadre de concertation et d’accompagnement des citoyens ainsi que des institutions favorables à la réforme constitutionnelle. Les activités envisagées comprennent notamment l’organisation d’ateliers de réflexion sur les matières susceptibles d’être modifiées dans la Constitution, des campagnes de sensibilisation communautaire, des conférences-débats, des conférences de presse ainsi que des actions de suivi et de monitoring du processus.
Les personnes désireuses de rejoindre cette initiative sont invitées à transmettre, au plus tard le 15 juin 2026 à minuit, leur identité complète (noms et prénoms, numéro de téléphone, adresse électronique et ville de résidence) par courrier électronique, WhatsApp ou SMS aux contacts ci-après :
- Pr Grison-Trésor Kakumbi Belumba : +243 993 847 948 – grisontresor.kakumbi@unikis.ac.cd
- Pr Nicolas Mombaya Liwila : +243 853 853 043 – nicolas.mombaya@unikis.ac.cd
- Pr Justin Kyale Koy : +243 819 068 898 – justin.kyale@unikis.ac.cd
Fait à Kisangani, le 29 mai 2026.
La Rédaction.
