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SOCIAL : La dynamique Mapping pour la création d’un tribunal pénal international pour la RDC

SOCIAL : La dynamique Mapping pour la création d’un tribunal pénal international pour la RDC

La dynamique Mapping demande au Président de la République de saisir le Conseil de Sécurité des Nations Unies, à l’occasion du dixième anniversaire du rapport Mapping, pour demander la création d’un tribunal spécial pour la RDC, et la publication de la liste des auteurs présumés des crimes répertoriés dans ce document. Ceci s’est passé ce mardi 10 novembre 2020 à l’issue d’une marche qui a eu pour chute le Gouvernorat de province.

Une vue de l’assistance pendant la messe oecumenique

Tout a commencé vers 10 heures 30 avec une messe œcuménique à la paroisse Saint Joseph Artisan de la Tshopo. Plusieurs forces vives y ont pris part : les confessions religieuses, l’ordre des avocats, ordre des médecins, l’association des professeurs des universités, le syndicat des défenseurs judiciaires, l’ordre des infirmiers, l’organisation de la société  civile et de promotion des droits humains, les mouvements citoyens, ainsi que plusieurs personnes éprises de vérité, de justice et de paix. Après le culte, qui a connu l’intervention des plusieurs représentants des églises, une longue procession a commencé de la Paroisse Saint Joseph Artisan jusqu’au Gouvernorat de province en passant par la route Buta avant de prendre le rond – point Maélé pour atteindre le point de chute. Encadrés par la police nationale congolaise, ni même la pluie n’a réussi à arrêter la volonté des marcheurs. 

Professeur Alphonse MAINDO

Pour le Professeur Alphonse MAINDO, un des membres de la Dynamique Mapping et organisateurs de cette activité,

« …L’objectif de l’activité de ce jour, messe oecumenique et marche,  c’est la vérité, la justice, la réparation pour toutes les victimes des différents crimes graves qui ont été commis dans ce pays depuis 1993 qui ont répertorié dans le rapport Mapping. Cette mobilisation voudrait à ce que nos voix soient entendues pour que les victimes soient indemnisées, qu’on puisse faire un deuil. Sans ça il n y aura jamais une paix durable et il n y aura pas de réconciliation… »

Le mémorandum constate que dix ans après sa publication, aucune suite n’a été donnée au rapport Mapping pour en appliquer les recommandations utiles, et estime qu’il inadmissible que la liste des auteurs présumés des crimes répertoriés par le rapport Mapping demeure secrète jusqu’à ce jour, garantissant une vie tranquille et heureuse aux bourreaux au mépris des droits des victimes qui continuent à vivre dans la peur, le traumatisme et le sentiment d’injustice. 

Pour la dynamique Mapping, la création d’un tribunal spécial pour la RDC permettra de panser les tragiques plaies toujours fraîches car continuellement remuées par chaque nouveau crime et de contribuer à la réconciliation sincère au sein de la nation, entre les peuples et entre les pays des Grands-Lacs pour une intégration, nationale et régionale harmonieuse.

Réception du mémorandum par le Gouverneur de Province.

Au Gouvernorat de province, les marcheurs ont été reçus par le Gouverneur de province qui a réceptionné le mémorandum après lecture par le Professeur Alphonse MAINDO. Marie Walle LUFUNGULA a promis de transmettre ce document à qui de droit et d’en assurer le suivi. 

Depuis quelques semaines, la Dynamique Mapping a prévu de mener une série d’activité, notamment des conférences – débats sur le thème  » rapport Mapping de Nations-Unies sur les crimes les plus graves commis en RDC : 10 ans après, où en est-on ? Que faire ?; une marche pacifique pour demander la dignité des congolais et la justice pour toutes les victimes de la RDC; une campagne pour l’instauration d’un tribunal pénal international pour la RDC et ainsi que la publication de la liste des auteurs présumés des crimes.

Le 1er octobre 2010, il y a 10 ans, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) avait publié le rapport du projet de cartographie des crimes graves perpétrés sur le sol du Congo-Zaïre entre mars 1993 et juin 2003. Ce rapport avait documenté 617 incidents auxquels se rapportent les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire sur la période considérée, y compris des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Le rapport avait également dressé un état des lieux de la capacité du système judiciaire national, et proposé des options de justice pour faire face aux conséquences de ces crimes.

La Rédaction